La CGT a 130 ans – article paru dans L’Humanité

L’unité ouvrière à l’origine de la CGT

Syndicalisme
Le 7e congrès national corporatif, à Limoges, le 23 septembre 1895 voit s’unir toutes les composantes du mouvement syndical au sein de la confédération, comprenant des groupes corporatifs, les fédérations des métiers, les unions et bourses du travail et des chambres syndicales.
Institut CGT d’histoire sociale
Lorsqu’elle se cons­titue en 1895, la Confédération générale du travail (CGT) doit composer avec les particularités corporatives et idéologiques qui traversent le monde du travail. Les syndicats locaux ou nationaux, auxquels il faut indexer les caisses d’entraide, les mutuelles et les bureaux de placement qui gravitent autour d’eux, forment des groupes aux contours et à la taille infiniment variés. Au-dessus des syndicats coexistent des ensembles professionnels plus vastes formés par les premières fédérations de métiers ou d’industries (typographes, mineurs…). Pour compliquer le tableau apparaissent, principalement dans les grandes villes, des organisations « horizontales » (unions diverses et bourses du travail) qui fédèrent à l’échelle de leur territoire les différents corps de métiers. Les diversités idéologiques ne sont pas moindres.
La division déjà ancienne entre les modérés et les révolutionnaires est bousculée depuis 1892 par la question de la grève générale, qui cristallise au sein du mouvement ouvrier une nouvelle fracture. Cet émiettement, en allégeances diverses, des forces organisées du mouvement ouvrier, loin d’être un signe de délitement, est plutôt l’expression d’une juvénile vitalité. Ce qui se dégage le plus nettement dans cette effervescence, c’est que les syndicats aspirent dorénavant à diriger eux-mêmes leurs affaires ; et, pour cela, ils jugent nécessaire de sortir la lutte du terrain politique pour la porter sur le ­terrain économique, le seul qui soit, d’après eux, solide.
Une certaine idée de l’internationalisme
Quelles sont les forces en présence lorsque s’ouvre, le 23 septembre 1895, le congrès de Limoges ? Du point de vue de la participation, le congrès national corporatif rassemble un nombre de délégués et d’organisations bien inférieur à celui de Nantes, tenu l’année précédente : 75 délégués sont présents, 126 chambres syndicales y sont directement représentées ainsi que 18 bourses du travail et 28 fédérations.
Le congrès fondateur de la CGT ne peut que constater la très grande diversité des organisations appelées à la rejoindre et la variété des expressions qu’elles portent. Il semble même l’admettre comme un fait. Peu regardante, la CGT admet dans ses rangs syndicats, bourses du travail, unions ou fédérations professionnelles locales, régionales ou nationales et autres groupements divers.
Gage et condition de son autonomie, la CGT et ses éléments constituants devront « se tenir en dehors de toutes les écoles politiques ». Son objet est défini avec précision, et l’article 2 des statuts précise que la confédération a « exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale ». À noter que lors des discussions sur l’article 1 constitutif de la CGT, un point de litige est soulevé à propos du titre « Confédération générale du travail ». Auguste Keufer, de la Fédération française des travailleurs du livre, propose de substituer au terme « générale » celui de « nationale » ou « française ». Mais cette proposition, qui heurte de front une certaine idée de l’internationalisme ouvrier, est finalement rejetée.
Un comité d’action syndicale et corporative, dont la tâche principale est de convaincre les organisations ouvrières de rejoindre la CGT, est constitué en octobre 1895. Un premier bureau confédéral est formé le 4 décembre, il complète l’édifice mais n’a que très peu de pouvoirs. La jeune confédération va devoir s’attacher à réduire les défauts les plus criants de sa constitution initiale. Il lui reste aussi à construire sa propre crédibilité.
Les premiers congrès de la CGT n’apportent que des ­modifications légères aux statuts votés à Limoges. Mais le 9 juin 1901, Louis Niel, secrétaire de la bourse du travail de Montpellier, impulse dansla Voix du peupleun débat autour de la ­nécessaire unité ouvrière qui va dé­boucher en 1902, lors du congrès de Montpellier, sur un nouveau plan d’organisation de la CGT qui affirme la double base (territoriale et professionnelle) sur laquelle va se construire en France tout le mouvement syndical.
Source : article paru dans le journal l’Humanité

 

Ghislain GAUTHIER,

Secrétaire Général

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